Plastiques : des flux insaisissables, pour une ambition performative de la circularité
Les matières plastiques présentent des propriétés uniques de résistance et de légèreté à de faibles coûts qui ont entrainé leur omniprésence dans nos vies. Cette consommation, en forte croissance depuis les années 1950, pose une difficulté, car elle est corrélée à une production de déchets plastiques en constante augmentation mettant sous pression les systèmes de gestion et conduisant à des millions de tonnes de déchets rejetés. Face à cette pollution massive, la chaîne de valeur économique des plastiques est touchée par des dysfonctionnements techniques, réglementaires et de maîtrise des flux. Une injonction est alors lancée pour circulariser les flux, laissant entendre que le problème est en passe d’être réglé, alors que sur le terrain, le recyclage reste minime. Lorsque 5 599 kt de produits plastiques sont utilisés en 2018 en France, seulement 622 kt sont réellement recyclés.
L’économie circulaire du plastique se révèle donc être plus performative qu’effective, tout en venant justifier la perpétuation d’une croissance de la consommation. Cet article s’attache à identifier le métabolisme français du plastique et à en analyser le fonctionnement. En s’appuyant sur une analyse des bilans matières et sur leur représentation par les différents acteurs, l’illusion performative de l’économie circulaire sera mise en évidence.
Mots-clefs
- Plastiques
- Métabolisme territorial
- Analyse de flux de matières
- Economie circulaire