De l’écologisation des industries à l’intensification de la consommation foncière : le paradoxe des filières photovoltaïque et de gestion des terres excavées

Par Maxime Algis
Français

Alors que l’écologisation des politiques d’aménagement tend à renforcer la lutte contre l’étalement urbain et l’artificialisation des sols, certaines politiques industrielles de transition écologique produisent paradoxalement une intensification de la consommation foncière. En s’appuyant sur deux secteurs clés du métabolisme urbain – la production d’énergie et la gestion des déchets inertes – cet article met en lumière les effets territoriaux inattendus des politiques de « croissance verte », qui favorisent des modèles industriels entretenant un rapport extensif à la ressource foncière. En analysant l’évolution de la filière photovoltaïque et celle de la gestion des terres excavées depuis les années 2010, l’article montre comment les dispositifs de soutien à la décarbonation de l’énergie ont favorisé l’essor de grandes centrales photovoltaïques au sol, tandis que les objectifs d’économie circulaire ont permis la consolidation d’un modèle de stockage des terres excavées sur de grandes surfaces périurbaines. À partir d’entretiens et d’analyses documentaires, l’étude montre que ces infrastructures « vertes » reposent sur l’appropriation croissante de surfaces non bâties. Elle montre également comment le durcissement des politiques de protection des espaces dits naturels, agricoles et forestiers détermine la convergence des acteurs qui développent ces infrastructures vers un même type de foncier considéré comme « dégradé » ou « abîmé ».

Mots clés

  • foncier
  • croissance verte
  • photovoltaïque
  • déchets inertes
  • déblais
  • sols
  • artificialisation
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