Foncier en 3D ! Creuser et remblayer, un jeu à somme nulle ? Impacts volumiques des chantiers d’infrastructures toulousains sur la plaine ariégeoise

Par Hélène Blaszkiewicz, Jérémie Cavé, Léa Sébastien, Hélène Guétat-Bernard, Sylvain Kuppel, Astrid Avellan, Laure Laffont
Français

Notre contribution interdisciplinaire entre sciences sociales et sciences environnementales analyse les effets des flux de matières générés par les grands chantiers d’infrastructures sur les territoires périphériques : l’extraction de granulats et l’enfouissement des déchets de chantier dans les gravières transforment radicalement le paysage rural et les usages du foncier. À partir du cas du chantier de la troisième ligne du métro de Toulouse et des mobilisations sociales autour des gravières dans la basse Ariège, nous étudions l’interdépendance et les relations métaboliques inégales que soutiennent les flux gravières-chantiers-gravières. L’approche volumique des flux et des stocks de matériaux nous permet de complexifier l’apparente circularité de ces flux, défendue par ailleurs dans les documents de planification territoriale. Cette approche nous permet également de discuter le rôle des opérateurs de travaux publics comme des aménageurs vertueux de territoires extractifs, considérés comme de simples supports pouvant être remblayés pour servir n’importe quelle fonction. La compréhension en trois dimensions du foncier infrastructurel, entre des flux de surface et des stocks de matériaux de construction à la fois sous et au-dessus du niveau du sol nous permet ainsi d’expliciter les injustices sociales et politiques que génèrent ces flux entre territoires, depuis les excavations causées par l’extraction jusqu’à leur remblaiement avec des kilomètres-cube de déchets.

Mots clés

  • Flux de matières
  • Gravières
  • Chantier
  • Déchets inertes
  • Injustices territoriales
  • Occitanie
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