Mettre l’automatisation au service d’un post-capitalisme ? De la récupération des promesses d’une automatisation généralisée à la reconstruction d’un projet politique

Par Yannick Rumpala
Français

L’extension de l’automatisation, du fait de ses conséquences sociales et économiques, peut être appréhendée sur le mode de l’anxiété, mais elle a aussi contribué, dans la période récente, à réactiver des aspirations proches du registre utopique. Dans le milieu des années 2000, avec une inspiration plutôt radicale, un courant intellectuel d’auteurs (Nick Srnicek et Alex Williams, Paul Mason, Aaron Bastani, pour les plus cités) a en effet développé à nouveau des visions du futur tendant à défendre l’automatisation comme une technologie potentiellement libératrice, susceptible même de fournir un levier pour un projet politique plus large de transformation systémique, en l’occurrence vers une société « post-capitaliste ». Cette contribution vise donc à éclairer comment et dans quelles directions une imagination politique, portée par une espérance émancipatrice, a pu se construire et se réactualiser autour de cette technologie. Si l’automatisation avait déjà été envisagée comme une voie pour libérer du travail, l’analyse examine comment l’argument peut être entretenu par de nouvelles potentialités et intégré dans une aspiration « post-capitaliste ». Elle en questionne ensuite les implications sur les logiques du système productif, notamment la tension qui semble difficile à résoudre entre promesses d’abondance et rémanences de productivisme. Elle montre enfin qu’une telle ambition est encore plus politique s’il s’agit d’automatiser en permettant simultanément une réappropriation collective des machines et infrastructures productives engagées sur une telle trajectoire.

Mots-clés

  • automatisation
  • post-capitalisme
  • utopie
  • techniques
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