Sauver l’est parisien du déclin : l’autoroute urbaine comme utopie technocratique au service du renouvellement urbain

Par Marion Emery
Français

Cet article vise à interroger la portée utopique de l’autoroute urbaine par l’analyse d’un projet infrastructurel spécifique et des oppositions dont il a fait l’objet. Pour cela, la recherche se concentre sur Paris et son plan autoroutier en s’appuyant sur l’étude de « l’axe nord-sud ». Cet axe est l’infrastructure majeure du réseau conçu pendant les Trente Glorieuses et finalement abandonné à la fin des années 1970, dont la voie express rive droite et le boulevard périphérique constituent les seules réalisations. L’étude de l’abandon de l’axe nord-sud permet d’identifier la confrontation du projet infrastructurel aux limites de ses représentations et son incapacité à s’adapter aux changements idéologiques et urbains qui s’opèrent simultanément à sa publication en France à la fin des années 1960. La projection d’un futur incarné par les objets de la modernité, le mythe de la vitesse, l’utopie du « temps gagné » : ces notions caractérisant l’imaginaire projeté sur l’infrastructure sont fragilisées par les oppositions au projet. En faisant l’histoire de ce projet infrastructurel contesté puis annulé, il s’agit de faire l’histoire de la mise en crise d’une utopie technique et de l’imaginaire de conquête et de progrès qui la constitue.

Mots-clés

  • autoroute urbaine
  • contestations
  • utopie infrastructurelle
  • vitesse
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