Le masque ou l’utopie de la mine saine. Controverses socio-techniques autour du masque anti-poussières au crépuscule de l’industrie houillère (années 1930-1980)

Par Charles-Antoine Wanecq
Français

Durant la dernière phase de l’industrie houillère, le masque de protection faciale a été pensé, perçu et présenté comme un dispositif utile pour protéger les ouvriers contre les effets des poussières, dans un contexte incertain marqué par l’épidémie de silicose à partir de l’entre-deux-guerres jusqu’au tournant des années 1980. Remède à l’insalubrité avérée des galeries, cet objet participe à une utopie technique et productive : la mine saine. Le port du masque permet alors de rendre acceptable la poursuite de l’exploitation minière, notamment dans les chantiers les plus poussiéreux. L’article analyse le processus par lequel ingénieurs, médecins et exploitants se sont saisis en France de la question du masque respiratoire pour construire cette utopie de la mine saine. Enquêter sur les controverses socio-techniques liées à ce dispositif arrimé au corps de l’ouvrier permet de s’interroger sur la gestion de la main d’œuvre dans un environnement pollué et sur les imaginaires de la modernisation d’une exploitation houillère à bout de souffle.

Mots-clés

  • mines
  • santé au travail
  • masque
  • risques
  • maladies professionnelles
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