« Sans eau, il n’y a pas de vie » Luttes urbaines pour l’accès à l’eau et processus de construction de la citoyenneté dans un quartier marginalisé en Argentine (1970-2010)
Cet article analyse les relations entre citoyenneté et infrastructures urbaines à partir des luttes menées par les habitant·e·s de quartiers populaires pour accéder aux réseaux d’eau, dans un contexte de conflits autour de l’appropriation foncière et du droit de rester sur place. En adoptant une perspective anthropologique et relationnelle, cette étude donne à voir les réseaux d’eau en tant qu’ils médient des rapports de pouvoir, ainsi que la construction de formes de citoyenneté à travers des conflits autour des infrastructures qui, au-delà de l’État, engagent une diversité d’acteurs sociaux, économiques et politiques.
Cette analyse repose sur un travail de terrain ethnographique de long cours, dans lequel les luttes pour l’eau occupent une place centrale, au présent, dans les récits et les souvenirs des habitants des quartiers étudiés. En s’appuyant sur une variété de stratégies méthodologiques, dont notamment des entretiens approfondis et l’usage de sources secondaires, cet article examine les conflits liés à l’eau entre les années 1970 et 2000 dans des quartiers populaires du nord du Grand Buenos Aires.
Nous y soutenons que les habitant·e·s de ces quartiers ont contesté, de manières complexes et souvent contradictoires, les principales normes, attentes et attitudes imposées aux populations pauvres et aux habitants de logements informels sans titres de propriété foncière. A travers ces processus de conflits et de négociations pour l’accès à l’eau, ce sont les frontières entre l’État, les entreprises, les infrastructures et la citoyenneté qui ont été redéfinies et façonnées depuis les marges.
Mots-clés
- infrastructures
- citoyenneté
- lutte pour l’eau
- Grand Buenos Aires
