La gestion des déchets dans une ville en développement: comment tirer profit des difficultés actuelles à Lima ?

« Mutations des services urbains  : le cas des déchets au Sud »
Par Mathieu Durand
L’étude de la gestion des déchets à Lima permet de mettre en évidence différents systèmes communs à d’autres villes des pays en développements. Ces systèmes ont chacun leur propre logique, tout en étant très entremêlés. Leur modélisation (c’est-à-dire simplification) que nous proposons dans cet article, cherche à mettre en lumière les principales caractéristiques d’une réalité très complexe. On peut dès lors observer trois systèmes, répondant à des logiques à la fois géographiques et historiques. Il s’agit de « l’autogestion », la « gestion publique » et la « gestion partagée ». Ces trois systèmes s’imbriquent pour finalement permettre de gérer les déchets de la capitale péruvienne, en construisant un « système composite ».
S’inspirant de l’exemple de la gestion des déchets dans les pays du nord, la plupart des politiques publiques des villes du sud cherchent à moderniser techniquement la gestion de leurs déchets. Or, l’hypothèse de ce texte, est que cette stratégie construit de fortes inégalités dans ces villes en termes de qualité du service, puisqu’elles n’ont pas les moyens de le mettre en place sur l’ensemble de leur territoire. Au contraire, certaines expériences, encore minoritaires, cherchent à tirer profit de la situation actuelle, afin d’aller directement vers une meilleure prise en compte des différentes dimensions du développement durable, tout en profitant des points forts des pratiques de certaines populations telles que les recycleurs. Cette adaptation volontariste doit cependant jongler avec les différentes vulnérabilités des populations, tout en cherchant à les atténuer de façon progressive.
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