Perception des risques et choix du mode de transport. Approche conceptuelle et modélisation prédictive

« Sécurite et sûreté des réseaux »
Par Pierre Barjonet, Michelle Gezentsvey, Celia Mores
Beaucoup de Français ont peur d’être victimes d’accidents et d’agressions dans les transports individuels et collectifs. La peur a-t-elle pourtant des pouvoirs mobilisateurs ? On remarque l’absence de cette question dans les études sur le choix du mode de déplacement. Dans le but de présenter un modèle innovateur qui incorpore des facteurs psychologiques et pratiques, cet article associe quatre théories de sciences sociales qui traitent du risque et de la prise de décision en situation d’incertitude: les représentations sociales, l’approche psychométrique, l’approche anthropologique et l’approche psycho-cognitive. Parmi les sept étapes distinguées dans le modèle proposé, la première prend en compte le taux d’accidentologie et de victimologie, ainsi que les caractéristiques des modes de transport (confort, durée, coût). La deuxième considère les caractéristiques individuelles (l’âge, le sexe, la « vision du monde »), le vécu, et l’influence sociale. La troisième renvoie au motif du déplacement. À la quatrième étape, cette information est traitée par un système de double traitement : le système intuitif se base sur l’émotion et la peur, le système délibératif sur le calcul de l’utilité espérée. Le choix primaire se fait à la cinquième étape, devenant une habitude à la sixième, jusqu’à ce qu’un incident critique survienne pour remettre ce cycle en marche.
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