Critique de la notion d'infrastructure critique

« Sécurite et sûreté des réseaux »
Par Jean-Pierre Galland
Depuis une quinzaine d’années, et en particulier depuis l’attentat terroriste du 11 septembre 2001 à New York, les pays industrialisés se sont progressivement mis à recenser leurs infrastructures critiques, avec pour objectif de les protéger. Parallèlement, le thème des infrastructures critiques a fait l’objet de publications scientifiques en nombre croissant, essentiellement dans les revues anglo-saxonnes. Ce sujet nouveau s’est donc imposé rapidement, tant aux États-Unis qu’en Europe, et tant aux plans théorique que pratique, et a largement contribué à renouveler les réflexions quant à la vulnérabilité des sociétés industrialisées. Pour autant, au-delà de l’idée selon laquelle une infrastructure critique est indispensable au maintien des fonctions vitales d’une société, le concept lui-même n’a jamais vraiment bénéficié d’une définition précise partagée par tous. Au contraire, la notion a fait et continue de faire l’objet, de manière implicite ou explicite, d’acceptions ou de définitions sensiblement différentes, d’un pays à l’autre, voire d’un chercheur à un autre. Ainsi, suivant la manière de hiérarchiser les risques divers susceptibles d’affecter les populations (menace terroriste, risques naturels, technologiques, risques de pénurie dans la fourniture d’un service, etc.), la notion d’infrastructure critique pourra correspondre à des systèmes, à des réseaux, ou à des « points d’importance vitale » – pour utiliser le vocabulaire français sur ces questions –, fort différents. D’où la nécessité d’une critique de la notion même d’infrastructure critique qui d’un côté tente de clarifier un certain nombre de malentendus, mais qui de l’autre donne à voir ce que ce concept apporte malgré tout, en particulier à l’analyse des nouvelles vulnérabilités des réseaux.
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