Évaluation des coûts et des modalités de financement de l'étalement urbain pour les services d'eau potable.

Dossier « Faibles densités et coûts du développement urbain »
Le cas de Lausanne
Par Florian Ecoffey, Géraldine Pflieger
Selon quelle intensité les coûts d’investissement, d’exploitation et de maintenance des réseaux d’eau varient-ils en fonction de la densité et de la dispersion ? Quels sont les effets redistributifs de ces structures de coûts et par quelles catégories de consommateurs sont ils pris en charge ? En se fondant sur une étude des coûts de distribution de l’eau dans l’agglomération de Lausanne, Suisse, cet article évalue les coûts réels de l’étalement urbain en termes de dispersion et faible densité. Les résultats soulignent que les coûts de centralité pour l’équipement et la maintenance des réseaux dans les quartiers du centre-ville sont élevés, en valeur absolue. En revanche, ces coûts de centralité sont très largement compensés par les économies d’échelles liées à la densité. Les coûts de desserte par habitant des quartiers peu denses situés en périphérie apparaît plus coûteuse. En se distinguant des analyses traditionnelles fondées sur l’évaluation des coûts normalisés, l’évaluation des coûts réels montre, de plus, que la localisation des quartiers desservis influence fortement les coûts de distribution, notamment l’altitude et la distance vis-à-vis des centres de production. Dans un second temps, l’étude démontre que les coûts de dispersion et de faible densité sont, à Lausanne comme en Suisse, largement pris en charge par les usagers eux-mêmes grâce à une politique tarifaire qui cible tout particulièrement l’habitat individuel.
Voir l'article sur Cairn.info