De la rétroaction entre différenciation territoriale et modèle universel des services urbains en réseau : les enseignements du cas libanais

Par Éric Verdeil, Cécile Féré, Franck Scherrer
S’inscrivant dans le débat sur les relations entre la fragmentation territoriale et les mutations des services urbains en réseau, cet article s’écarte d’explications de nature linéaire et plaide pour une prise en compte des rétroactions entre la différenciation territoriale et les pratiques gestionnaires. Le cas libanais, en apparence spécifique en raison des effets perturbateurs de la guerre civile, permet de combiner plusieurs registres explicatifs, comme la persistance du modèle universel comme référence des politiques publiques et les tentatives de réforme de type néolibéral. Deux secteurs sont étudiés : l’électricité, organisée comme un monopole public national aux performances très médiocres, mais sans qu’un projet de réforme clair soit mis en œuvre, et l’eau potable, géré de manière décentralisée, mais qui connaît depuis 2000 une profonde transformation, dont une expérience limitée de privatisation. L’article analyse d’abord la mise en place inachevée du modèle universel, puis s’attache à la différenciation territoriale qui résulte des transformations géographiques et sociales de la guerre, et que la reconstruction n’a que partiellement réduite, et au contraire parfois accentuée. Les tentatives actuelles de réforme de type libéral introduisent de nouveaux éléments de différenciation en fonction des résultats des réformes par secteur et selon les lieux.
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