Le maintien du tramway envers et contre tout : Politique des transports et démocratie directe à Bâle

Dossier  : « Le maillage suisse »
Par Christophe Jemelin, Vincent Kaufmann
Si la suppression des réseaux de tramway dans les villes de Suisse romande (une ligne exceptée à Genève) s’est effectuée sans remous ni consultation populaire, le cas de Bâle éclaire d’un jour particulier le rôle de la démocratie directe dans l’évolution des politiques de transport. En effet, les discussions ont été vives dès les années 1950 sur le maintien ou non du tramway, et de nombreuses votations ont été organisées. A travers une analyse historique, l’article montre que c’est davantage le principe de mise à l’agenda politique que le résultat des votations qui a débouché sur le maintien du réseau, puisque certains votes négatifs ont été contrés par une stratégie gouvernementale forte.
Il apparaît que la présence d’un référentiel commun autour de la priorité à donner aux transports publics est également un élément explicatif du maintien des tramways, qui n’est pas d’ordre culturel suisse alémanique comme on l’entend souvent (les tramways ont été supprimés à Schaffhouse, St-Gall, Lucerne...), mais qui s’alimente par une tradition d’innovation : premier réseau tram-train de Suisse, première communauté tarifaire, premier abonnement écologique à prix réduit, premier RER transfrontalier.
Le passage de la région bâloise à l’échelle trinationale (Suisse, France, Allemagne) illustre d’ailleurs la diffusion de ce référentiel par capillarité en Allemagne, les lignes RER étant exploitées aux normes helvétiques par une filiale des Chemins de fer fédéraux suisses, alors que la frontière française semble plus imperméable.
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