De la fréquentation touristique de masse aux flux résidentiels : le cas de l'Algarve (Portugal)

Dossier  : « Varia 2006 » - Note de recherche
Par Nacima Baron-Yellès
L’Algarve constitue aujourd’hui pour les Anglais l’une des toutes premières zones d’installation résidentielle à l’âge de la retraite. La modicité des prix de la construction immobilière au regard de la côte espagnole, l’existence de terrains littoraux encore disponibles et l’expérience d’une fréquentation vacancière antérieure sont des facteurs qui expliquent l’installation des papy-boomers anglais. Les autorités publiques encouragent ce phénomène, en même temps que les promoteurs immobiliers. Les réseaux de transports aériens et terrestres sont renforcés, notamment dans la région de Faro (augmentation du trafic aérien, désenclavement autoroutier), et de vastes réserves foncières sont réalisées, ce qui bouleverse le semis urbain préexistant.
Cependant, quels liens peut-on faire entre l’essoufflement du système touristique de masse et le développement des flux résidentiels sur cette côte ? Dans quelle mesure la tendance actuelle de l’aménagement du territoire en Algarve illustre-t-elle le passage d’une politique de gestion des flux touristiques à une stratégie de délocalisation et de captation de rentes ? L’article tente de répondre en présentant les contours de la mutation en cours en trois temps. Il analyse d’abord la crise du tourisme de masse et le développement résidentiel. Ensuite, il décrit statistiquement et sociologiquement la plus importante communauté résidente, celle des Anglais. L’article apporte enfin quelques éclairages sur le positionnement des autorités et des opérateurs privés de l’immobilier face à ce phénomène.
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