Les enjeux environnementaux du complexe industriel de Lacq (1957-2005)

Dossier  : « Innovations et territoires »
Par Christophe Briand
Découvert en 1951, le gaz naturel de Lacq (Pyrénées-Atlantiques) est à l’origine du renversement de l’image d’une énergie jugée alors sale et polluante. Le gaz béarnais pose pourtant d’emblée des problèmes environnementaux en raison de ses caractéristiques chimiques. L’aménagement d’un complexe industriel en aval de l’usine de désulfuration de la Société nationale des pétroles d’Aquitaine confère à la zone de Lacq la fonction de pôle de développement dans une région agricole et agreste, où vivent environ 6000 personnes. Mais ce mode d’industrialisation néglige les interférences entre les activités chimiques et métallurgiques, et l’environnement dans lequel elles s’insèrent. Les conditions de vie sont bouleversées par les usines, les puits et les canalisations qui sont autant de sources de risques et de nuisances.
À la fin des années 1950, les industriels et les pouvoirs publics ne sont pas préparés à assumer les conséquences humaines et naturelles de telles activités. Une longue période d’apprentissage des nuisances, de questionnement écologique et de luttes aboutit à une prise de conscience des enjeux environnementaux par tous les acteurs. Au milieu des années 1970, les progrès techniques réalisés par la SNPA et la crainte locale suscitée par le spectre du déclin du gisement modifient le statut de l’environnement en Béarn. De milieu de vie enserrant un complexe chimique et métallurgique, il devient un secteur d’activité capable d’en prendre le relais, un outil de sortie de crise sociale, à la fois pour Elf Aquitaine devenue Total et pour les milieux dirigeants locaux. Depuis la fin des années 1990, la région de Pau – Lacq s’efforce même de devenir pionnière dans la cohabitation industrie – environnement.
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