Quelques aspects historiques de la notion de réseau

Dossier  : « Clefs pour les réseaux »
Par Daniel Parrochia
Notre ambition, dans cet article, est tout à fait modeste. Il s’agit de présenter, comme notre titre l’indique, quelques aspects historiques de la notion de réseau. Cette entreprise n’est pas la première du genre. Nous avons, naguère, en un temps où la notion de réseau était moins en vogue qu’aujourd’hui, contribué à mettre cette histoire en lumière. Depuis, Pierre Musso a, à plusieurs reprises, développé une critique très utile des représentations auxquelles elle a donné lieu. Toutefois, comme Hegel l’a montré, des représentations de concepts ne sont pas des concepts, c’est pourquoi la mythologie, l’art, la religion, ne sont pas des moyens adéquats pour l’expression de la pensée. De plus, nous entendons nous limiter, pour l’essentiel, à l’histoire du noyau rationnel de cette notion, sans prétendre évidemment, dans la limite de l’espace qui nous est imparti, à l’exhaustivité. Soucieux de montrer de façon claire comment la notion de réseau s’est peu à peu dégagé du halo d’images et d’obstacles épistémologiques qui l’entouraient, nous irons de ses aspects préhistoriques (le réseau comme filet) à ses usages effectifs dans la théorie des graphes et des réseaux de transport en montrant comment, de l’organisation de la matière à celle du territoire puis des moyens de communication, cette notion s’est avérée, peu à peu indispensable pour décrire les sociétés contemporaines où, selon une thèse célèbre de Mac Luhan, les échanges et la re-production deviennent aussi importants, sinon plus, que l’appareil productif lui-même.
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