Des éoliennes dans le terroir. Enquête sur « l'inacceptabilité » de projets de centrales éoliennes en Languedoc-Roussillon

Dossier  : « Planifier les réseaux  : nouveaux enjeux etnouvelles formes de la planification des grands réseaux »
Par Stéphane Chataignier, Arthur Jobert
L’énergie éolienne semble la seule à même de permettre à la France de se conformer à l’ambition de la directive de l’Union Européenne relative à la promotion des énergies renouvelables (passer de 15 à 21 % la part d’électricité produite à partir d’énergies renouvelables). Début 2000, le gouvernement Jospin décide de passer d’un appel d’offre (programme Eole 2005) à une politique fondée sur des prix de rachat garantis de l’énergie produite. Le prix de rachat est fixé à un niveau très intéressant. De nombreuses sociétés commencent alors à prospecter intensivement le territoire à la recherche de sites propices. Sans surprise, cela suscite des controverses locales. Le présent article s’appuie sur une étude de terrain en Languedoc-Roussillon au cours du premier semestre de l’année 2002 et permet de mettre en lumière un « moment » intéressant où les « nouvelles formes de délibération » ou de planification semblent oubliées au profit d’une rationalité misant exclusivement sur des « outils de marché » dans le cadre d’une dérégulation du marché de l’électricité. Ces leviers économiques sont puissants, mais la confrontation avec des logiques territoriales génère de « l’inacceptabilité » en ne tenant pas compte des projets du territoire. Surtout ils suscitent ainsi l’hostilité des acteurs locaux qui dénoncent l’opacité et « l’anarchie » du système mis en place. Pour sortir de la crise, on redécouvre la nécessité d’une planification territoriale. Pour autant, cela n’aboutit pas à un retour au même, mais à un « policy mix » alliant concurrence, décentralisation et planification « incitative ». Cela sera-t-il suffisant pour limiter les « dommages collatéraux » du système de prix garantis ?
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