Des réseaux pour gérer les risques et la crise ? Le cas d'une action stratégique dans le domaine de l'assurance santé

Dossier « Réseaux, risques et crises »
Par Sylvie Collin-Delaye
Le réseau offre-t-il une réponse intéressant la gestion du risque ?
La théorie des coûts de transaction considère que les structures hybrides n’apportent pas des garanties suffisantes au risque primordial de l’opportunisme des acteurs. Pourtant, l’expérience montrerait que le réseau met en jeu des mécanismes de gouvernance propres qui s’avèrent efficaces et moins risqués que l’intégration financière et hiérarchique.
Au début des années 1990, l’échec d’une régulation classique étant patent, le gouvernement français enjoint aux professionnels de santé et aux financeurs du système de soins de s’organiser en réseau pour faire face à la crise.
Contre toute attente, les sociétés d’assurance vont délaisser un cadre d’intervention légitime pour concevoir des centres d’appels et de gestion d’informations sur la santé.
Ces nouvelles structures, en maîtrisant des flux de données concernant la nature et le tarif des prestations servies aux assurés, vont rééquilibrer les fortes asymétries d’informations qui caractérisent le secteur. Les centres d’appels « santé » proposent alors un espace cognitif de négociation, permettant aux acteurs de nouer un dialogue « gagnant/gagnant », sur la base « tangible » des pratiques observées et des contraintes de chacun. À partir d’elles et au fil du temps, va émerger un nouveau paradigme pour l’assurance santé et de premières démarches de réseautage entre les assureurs et des dentistes, des opticiens, des prothésistes…
Le cas de ces plates-formes d’information en santé, que l’on peut assimiler à un « noyau » stratégique (Jarillo, 1988), confirme l’intérêt de ce concept pour la coordination des échanges et le contrôle du respect d’une perspective d’action commune aux acteurs d’un réseau.
Voir l'article sur Cairn.info