Les échanges technologiques entre la France et les États-Unis : les télécommunications spatiales (1960-1985)

Dossier  : 2001, Réseaux en orbite
Par Anne-Thérèse Nguyen
Entre 1960 et 1985, la France réussit à combler en grande partie le fossé technologique qui la sépare des États-Unis dans le domaine des technologies de télécommunications spatiales. Afin d’expliquer la réussite française, cet article étudie les motivations et les interactions des politiques suivies par les deux parties.
Les politiques spatiales de la France comme des États Unis résultent d’une interaction complexe entre des visées stratégiques, industrielles et économiques dans un contexte de guerre froide marquée.
Il s’agit pour les États-Unis de conserver leur monopole stratégique et économique, tout en coopérant suffisamment avec les pays européens pour préserver des liens privilégiés et limiter le développement d’une recherche européenne indépendante et surtout à visée militaire. Cette politique déclinée à travers la création d’Intelsat, le National Security Action Memorandum n° 338 et des coopérations notamment entre la NASA et le CNET atteint toutefois ses limites en 1974, lorsque les États-Unis posent comme condition au lancement du satellite franco-allemand de télécommunication Symphonie 1 le renoncement à toute utilisation commerciale.
Dès lors, la France qui avait oscillé entre collaboration et développement indépendant, se fixe comme objectif la réalisation d’un programme national complet, réalisé avec des partenariats au niveau européen. Cela se traduit par la création de l’Agence spatiale européenne, la mise au point d’Ariane, la participation à Eutelsat et enfin la réalisation d’un programme de télécommunications par satellite. Cette stratégie est couronnée de succès en 1984 avec le lancement du premier satellite Telecom 1 A, dont la fabrication est principalement réalisée en France et qui à l’instar du satellite américain d’IBM, SBS, utilise les dernières technologies (AMRT).
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