La remise en cause du tout automobile

Par Frédéric Héran
Le « tout automobile » est un chrononyme rétrospectif ayant pour but de caractériser après coup une période historique, en vue de dénoncer ses excès. Il peut pourtant être clairement défini comme la priorité accordée à la voiture, en toutes circonstances ; les autres modes de déplacement ayant le droit d’exister et même de se développer, à condition toutefois de ne pas entraver l’usage de l’automobile. Ainsi précisé, c’est un concept opératoire qui révèle les logiques sous-jacentes des solutions mises œuvre pendant l’essor de l’automobile. La circulation génère cependant de nombreuses externalités négatives. Or, l’analyse de ces nuisances et de leurs impacts ne cesse de progresser, nourrissant de ce fait une opposition grandissante, à l’égard des modes individuels motorisés.
La remise en cause du tout automobile se résume ainsi à des luttes visant à ne plus forcément accorder la priorité à la voiture. Trois époques peuvent être distinguées, selon la profondeur et l’étendue de la contestation. La première, qui a débuté dès les années 1920 aux États-Unis, ne cherche qu’à protéger les quartiers, en reportant le trafic dans les artères alentour. La seconde, engagée dans les années 1960, vise à protéger les zones denses en reportant le trafic en périphérie. La troisième, plus récente, a désormais l’ambition de protéger la planète rendant la contestation plus cohérente. Mais ces époques se chevauchent en partie et sont décalées dans le temps, selon les territoires et l’importante des nuisances auxquelles ils sont soumis.
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