Les routines automobiles à l’épreuve des perturbations. Comprendre les résistances au changement à partir de récits d’usagers dans la métropole lilloise

Par Joël Meissonnier, Cyprien Richer
Français

La recherche-action « Heures de pointe, idées de pointe » apporte des enseignements sur la connaissance des tactiques et habitudes des automobilistes de la métropole lilloise. L’enquête qualitative s’est focalisée sur les salariés de deux zones d’activité périphériques disant rencontrer des problèmes de mobilité aux heures de pointe. Utilisant la méthode des carnets de bord ainsi que celle des parcours commentés, l’enquête montre qu’au-delà de la gêne occasionnée par les encombrements routiers, il existe de réelles possibilités de valorisation de l’allongement des temps de parcours dus aux congestions routières, ce qui oblitère significativement les politiques publiques classiques d’incitation au report modal.
L’enjeu principal de cette contribution est d’observer la réaction des enquêtés face aux perturbations récurrentes ou ponctuelles associées à l’un des événements exceptionnels. Les résultats montrent à quel point l’automobile apparaît comme un mode de transport souple et résilient. Toutefois, cette résilience trouve rapidement certaines limites dont il est possible de tirer profit pour réduire la vulnérabilité (face à l’aléa) des salariés autosolistes exclusifs. Les situations perturbées, selon leur récurrence et leur intensité, constituent peut-être une nouvelle forme de key-event augurant de la possible évolution des comportements de mobilité. Au même titre qu’un tournant dans la vie familiale, elles viennent créer une rupture, parfois radicale, qui poussent certains automobilistes à réinventer leurs routines de mobilité quotidiennes, voire leurs modes de vie.

  • mobilités perturbées
  • routines
  • automobilité
  • sociologie qualitative
  • carnets de bord
  • parcours commentés
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