Le permis de conduire chez les jeunes : qui ne le passe pas (encore) et pourquoi ?

Par Patrick Rérat, Lucas Haldimann
Bien davantage qu’un simple document officiel, le permis de conduire représente un ensemble de règles, le droit de conduire légalement, mais aussi un rituel lié à l’entrée dans l’âge adulte. Ce qui était devenu un passage quasi obligé semble pourtant avoir perdu de son attrait, les jeunes étant moins nombreux à posséder un permis de conduire. Basé sur une large enquête (plus de 40’000 répondants) menée en Suisse, cet article aborde les déterminants de l’obtention du permis et identifie des effets de genre, de catégorie socio-professionnelle, de contexte territorial, d’origine nationale ou encore de dimensions psychologiques. Il analyse également les raisons quant à la non-possession du permis (absence d’utilité, coûts, manque de temps et convictions environnementales) et leur fréquence parmi les différentes catégories de jeunes. Dans l’ensemble, la baisse de la proportion de jeunes titulaires du permis constatée ces dernières décennies apparaît, à la lumière de cette analyse, davantage comme la conséquence d’un report que d’un renoncement, seule une très petite minorité des jeunes ne prévoyant pas de l’obtenir. Ce report pourrait montrer la résilience du système automobile (vivre sans permis étant une période limitée avant la motorisation), mais aussi être l’indice d’aspirations, de priorités, de représentations moins favorables à la voiture quand bien même elle demeure un mode de transport incontournable.
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