Le programme « smart communities » au Japon. Nouveaux enjeux de pouvoir des ressources et des systèmes d’information urbains

Par Raphaël Languillon-Aussel
Le Japon a mis en place en 2010, pour cinq ans, un programme national expérimental de démonstrateurs « smart » appelés « smart communities ». L’irruption du « smart » dans la fabrique urbaine japonaise ne relève toutefois pas d’une révolution soudaine, mais est le produit d’une lente transformation des rapports de pouvoir au sein des coalitions de croissance et des jeux d’acteurs impliqués dans l’aménagement urbain. Cet article formule l’hypothèse que cette transformation radicale des rapports de pouvoirs politiques, économiques et sociaux dont les « smart communities » résultent découle de la maîtrise des systèmes d’information urbains par les acteurs du numérique, et ce, bien en amont de leur centralisation informatique. Empreint d’économie politique, l’article s’ouvre sur une description des spécificités japonaises des « smart cities/smart communities » en termes technologiques, urbanistiques et politiques, puis y interroge la transformation des jeux d’acteurs et des rapports de pouvoir avant de se clore sur une réflexion critique des nouveaux modèles de société urbaine que proposent les acteurs du « smart » au Japon.
Voir l'article sur Cairn.info