Un « modèle national » de ville intelligente ? Le rôle de l’État dans la mise en œuvre de réseaux électriques intelligents au Japon

Par Nicolas Leprêtre
En retraçant le processus par lequel l’État japonais a élaboré puis mis en œuvre un « modèle national » de ville intelligente appelé smart community, cet article vise à comprendre les stratégies et les représentations qui ont amené à introduire des technologies dites intelligentes. Nous formulons l’hypothèse que l’établissement de smart communities traduit une approche consensuelle qui confère une flexibilité dans la conduite des projets. Ainsi, l’État japonais s’est positionné en faveur des réseaux électriques intelligents pour maintenir la compétitivité internationale de firmes stratégiques pour son économie. L’établissement d’un « modèle national » regroupant réseaux électriques intelligents et électromobilité sous une forme de gestion décentralisée des flux résulte dès lors d’une volonté de cibler les technologies clefs en vue d’un déploiement international. Pour autant, dans la pratique, le rôle assigné à une même technologie dépend des rapports de force locaux qui s’organisent selon les nouveaux enjeux liés au contexte suivant l’accident de Fukushima : la libéralisation du marché de l’électricité et une volonté d’autonomie dans la production. Le recours à un « modèle national » de smart community révèle ainsi moins une reconfiguration potentielle du macro-système technique que la volonté d’une adaptabilité pour mener des politiques énergétiques. Nous invitons en conclusion à réfléchir sur l’utilisation du » modèle » pour encourager l’innovation et la recherche d’exemplarité.
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