Gouverner la voirie urbaine par l’information de l’automobiliste. Une comparaison Lyon-Paris, des années 1920 à nos jours

Varia
Par Louis Baldasseroni, Luc Charansonney
L’information des automobilistes est un élément-clé des politiques de gestion des voies urbaines. L’analyse comparée des cas de Lyon et Paris entre les années 1920 et 2010 montre que les dispositifs actuels d’information aux automobilistes résultent de l’empilement de trois strates politiques et techniques. Au cours de la période, Paris et Lyon suivent sensiblement les mêmes orientations politiques. Cependant, Paris ne constitue pas un modèle pour Lyon : l’autonomie locale conduit à des réponses techniques différentes aux problèmes de gestion de la circulation. Des années 1920 aux années 1940, l’automobiliste est vu par le gestionnaire comme un individu qui doit être guidé et discipliné, surtout par des panneaux de signalisation statiques. Par la suite, des années 1950 aux années 1970, les autorités gèrent des flux plus que des individus. Des systèmes centraux, reposant sur des capteurs dans la chaussée, et dédiés aux gestionnaires, sont mis en place en parallèle d’une politique d’infrastructures nouvelles. Suite au choc pétrolier, l’information aux automobilistes devient multimodale. Le conducteur est de nouveau vu comme un individu se déplaçant et en quête d’information. Dans les années 1990, le gestionnaire fournit une information centralisée à l’automobiliste, par le biais des panneaux à message variable et sites internet publics. Parallèlement, les systèmes embarqués permettent à des entreprises privées de collecter des données de trafic et de fournir de l’information directement à leurs clients-automobilistes, sans passer par le gestionnaire. Cela influe sur les rapports public-privé dans la gouvernance du trafic.
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