Capter et cartographier les pratiques et désirs des Américains en matière de mobilité urbaine (de l’entre-deux-guerres aux années 1960)

Systèmes d’information et gestion de l’urbain (XVIIIe-XXIe siècles)
Par Konstantinos Chatzis
Vers 1900, seules 8000 automobiles environ sont immatriculées aux États-Unis. Au seuil de la Seconde Guerre mondiale, leur nombre avoisine les 32,5 millions, à savoir une voiture pour trois Américains de plus de 15 ans, ratio qui passe à 1,7 en 1960 (il sera de 1,09 en 1985). Une telle augmentation du nombre de voitures et des trafics (notamment urbains) sur le réseau autoroutier du pays pousse les ingénieurs de l’État fédéral (Bureau of Public Roads) à entreprendre, à partir des années 1920 notamment, de larges enquêtes de trafic dans le but de concevoir de façon rationnelle un réseau capable de satisfaire les souhaits des ménages américains en matière de mobilité. À partir du milieu des années 1940, une technique d’enquête particulière, la Home interview (« enquête ménages déplacements », en français), va s’imposer comme dispositif central d’obtention d’informations sur les origines et les destinations des déplacements urbains des citadins américains. Le présent article analyse les principales caractéristiques de ce type d’enquête et leur évolution dans le temps, et identifie les conditions d’émergence et les missions que la Home interview est censée remplir pour le compte de la première « société automobile » au monde.
Voir l'article sur Cairn.info