Naissance, réorganisation ou formalisation d’un système d’information ? La propreté des rues de Paris, XVIe-XVIIIe siècles

Systèmes d’information et gestion de l’urbain (XVIIIe-XXIe siècles)
Par Nicolas Lyon-Caen, Raphaël Morera
L’organisation des flux de toute nature constitue un enjeu majeur de l’urbanisation, tout à la fois technique, politique et administratif. Parmi eux, celui des déchets conditionne la croissance et la salubrité urbaine. Dans le Paris d’Ancien Régime, les modalités de collecte et d’évacuation des déchets n’ont pas bénéficié de fortes évolutions techniques. En revanche, leur organisation a connu des changements notables. Alors qu’elle relevait très largement de la compétence des citadins eux-mêmes au XVIIe siècle, à travers un système de représentation, elle a progressivement été captée par la monarchie qui y trouvait un intérêt pécuniaire. Ce faisant, la collecte des déchets a été intégrée au système financier et administratif de l’État royal au travers de la Lieutenance générale de police. Elle a surtout été dès lors soumise à un contrôle tatillon à l’origine de la production de données abondantes, localisées et désormais centralisées. De la sorte, les administrateurs du XVIIIe siècle connaissaient bien les flux de matières produites par la consommation urbaine. Pourtant, si ce contrôle fournissait des informations précises, celles-ci n’ont jamais été utilisées que dans une optique comptable, pour vérifier la bonne exécution des marchés, et non dans une perspective prévisionnelle ou anticipatrice.
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