Le bâtiment, support d’informations, XXe-XXIe siècles

Systèmes d’information et gestion de l’urbain (XVIIIe-XXIe siècles)
Par Stéphanie Le Gallic
L’expression « média-building » est forgée par Paul Virilio en 2000 pour qualifier les immeubles avec écrans tels que ceux que l’on peut voir à Times Square et l’on observe depuis une quinzaine d’années une multiplication des expérimentations mêlant l’architecture au numérique. Présentés comme une nouveauté architecturale, on s’accorde en général à reconnaître que les « média-buildings » possèdent en réalité des ramifications qui remontent aux années 1960, à l’époque de la Cybernétique et des théories de la communication de Marshall McLuhan.
Pourtant, à la croisée des questions concernant les systèmes d’information et l’urbanisme des grandes métropoles, cet article se propose d’analyser comment l’avènement des « média-buildings » s’inscrit dans des tendances pérennes, largement portées par la publicité extérieure, même si des initiatives artistiques – et parfois libertaires – ont pu contribuer à cette évolution. En nous appuyant en particulier sur l’étude de la publicité lumineuse – et celle des journaux électriques – depuis le début du XXe siècle, nous verrons qu’au-delà des évolutions technologiques, l’affichage d’information s’appuie très tôt sur les organismes de presse, les flux de circulation et la vitesse de transmission de l’information. Finalement, cet article sera l’occasion de montrer que l’avènement des écrans vidéo n’a pas révolutionné le rapport au temps, mais plutôt le rapport à l’espace. Le passage au « média-building » ne serait donc pas l’avènement du bâtiment comme support d’information, mais celui du bâtiment comme support de communication. Ce n’est pas tant la fonction du bâtiment qui change – donnant à la fonction information une part prépondérante – mais la relation entre le bâtiment et le passant.
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