Structuration urbaine d’un réseau de chaleur et énergie fatale : la proximité comme variable dynamique

Le retour de la proximité !
Par Zélia Hampikian
Le développement des réseaux de chaleur, inscrit dans les politiques publiques de transition énergétique, est en particulier promu comme un moyen de valoriser la chaleur fatale autrement perdue au sein des systèmes urbains. L’intégration de telles sources implique a priori un rôle important de la proximité, tant géographique qu’organisationnelle, dans la construction du service de distribution d’énergie. Le système se fonde en effet sur une distance réduite et une coordination entre un réseau urbain et des activités productrices de chaleur, bien qu’elles ne soient pas liées au service de distribution de l’énergie. La situation repose donc sur une coordination spatiale et organisationnelle entre des activités évoluant conventionnellement de manière largement disjointe.
S’appuyant sur le champ de l’écologie industrielle et sur les notions développées par l’école française de la proximité, l’article propose d’analyser le rôle de la proximité dans la structuration urbaine de deux réseaux approvisionnés par un flux de chaleur fatale, à Marne-la-Vallée et à Dunkerque. À partir de cette analyse empirique, il montre que si une proximité est nécessaire pour initier l’échange de chaleur, elle n’est pas suffisante pour expliquer l’évolution du réseau. En particulier, les incertitudes qui pèsent sur les activités des acteurs et les dynamiques territoriales jouent un rôle prépondérant dans les prises de décision des acteurs du système, qui apparaît peu stable dans le temps en comparaison des réseaux d’énergie conventionnels.
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